Les sentiments océaniques
Peintures, 2026
texte de présentation
Les sentiments océaniques est un ensemble de peintures à l'huile sur bois ( 21 x 30 cm x 3 mm, contreplaqué et feuille de bois de bouleau) qui s'inscrit dans les pastels et peintures de paysages comme les Panorama et les Notes d'altitude ( 2020) ou Tempo di viaggio, mais également dans les vedute mentales, productions peintes, collées, découpées, dessinées de cartes postales, qui mettent en place des ailleurs et des situations archétypales, pittoresques, mouvementées ainsi que des reminiscences.
Le fond en bois de bouleau est utilisé pour sa texture lisse et claire ; il est question ici de rendre apparent par endroits, les nœuds du bois qui forment des pareidolies célestes.
C’est à Romain Rolland que l’on doit l’expression de « sentiment océanique », dans ses échanges avec Freud. Il s’agit d’une sorte d’élan mystique et de confusion avec le grand Tout, comme la vague dans l’océan. L’écrivain y voyait l’expérience majeure des religions asiatiques. Freud n’est pas mystique. Dans Malaise dans la civilisation, qu’il dédie à Romain Rolland, il discute la pertinence de cette notion, et la rabat sur la psychopathologie d’un état où « la délimitation d’une frontière entre le Moi et le monde devient incertaine ». Il la renvoie à d’autres images : le silence du désert, les cimes montagneuses ou l’immensité céleste. Mais - souligne la psychanalyste « l’image de la mer, constamment agitée du mouvement des vagues et des marées, représente une rythmique temporelle » qui nourrit mieux qu’aucune autre « une sensation d’éternité », là où la ligne d’horizon devient un point de fuite.
Jacques Munier, Le journal des idées, France Culture
Le fond en bois de bouleau est utilisé pour sa texture lisse et claire ; il est question ici de rendre apparent par endroits, les nœuds du bois qui forment des pareidolies célestes.
C’est à Romain Rolland que l’on doit l’expression de « sentiment océanique », dans ses échanges avec Freud. Il s’agit d’une sorte d’élan mystique et de confusion avec le grand Tout, comme la vague dans l’océan. L’écrivain y voyait l’expérience majeure des religions asiatiques. Freud n’est pas mystique. Dans Malaise dans la civilisation, qu’il dédie à Romain Rolland, il discute la pertinence de cette notion, et la rabat sur la psychopathologie d’un état où « la délimitation d’une frontière entre le Moi et le monde devient incertaine ». Il la renvoie à d’autres images : le silence du désert, les cimes montagneuses ou l’immensité céleste. Mais - souligne la psychanalyste « l’image de la mer, constamment agitée du mouvement des vagues et des marées, représente une rythmique temporelle » qui nourrit mieux qu’aucune autre « une sensation d’éternité », là où la ligne d’horizon devient un point de fuite.
Jacques Munier, Le journal des idées, France Culture