Exposition collective
Oniric Lanscapes
Fondation Bullukian, Lyon.
du 09/02/2022 au 16/07/2022
ONIRIC LANDSCAPES
Charlotte Denamur, Vanessa Fanuele, Frédéric Khodja, Christian Lhopital
Fondation Bullukian, Lyon

À travers le regard de quatre artistes, l’exposition Oniric Landscapes est une invitation à parcourir des paysages rêvés, fantasmés, aux contours et contenus insaisissables et parfois obsédants. Puisées au plus profond de l’intime et librement inspirées de l’imaginaire, les œuvres attestent des multiples chemins qu’empruntent les artistes pour nous inciter à confronter les paysages naturels à nos mondes intérieurs.
L’évasion commence avec Frédéric Khodja, dont les territoires symboliques et poétiques bousculent nos repères et notre perception de l’espace et nous transportent vers des milieux indéfinis et atemporels : visions vaporeuses et sensibles de paysages lointains qui semblent pourtant si familiers.
Commissaire de l'exposition : Fanny Robin

 
Revue Édition
Monstruosa N° 38
Participation à la revue d'art contemporain Monstruosa, Metz, mai 2022.
Monstruosa est un espace de réflexions, de discussions et de diffusion dédié aux pratiques du dessin contemporain.
Publication dans le numéro 38 de la revue Monstruosa, Metz, mai 2022, d'un montage issu de la série inédite Afriques fantômes, 2019.

Livre de chair

Par Cyrille Noirjean
 , 2016
Par Cyrille Noirjeanpréface de l'exposition "Histoire(s) de faire confiance aux images", URDLA, Villeurbanne

biographie de l'auteur.e

Cyrille Noirjean est directeur de L'URDLA, commissaire d'expositions, auteur et psychanalyste.

Livre de chair

L’image est trompeuse. Platon le profère ; nous psittassons depuis. C’est la méfiance qui conviendrait à son égard : là où platoniciens et iconoclastes modernes se rejoignent. Ils dénient que la confiance peut n’être pas aveugle si elle ne méconnaît pas l’erre.
La caverne se mue en bouteille de Klein (intérieur et extérieur sont en continuité). L’expérience enseigne que la réalité se conjoint à l’imaginaire ; ça a une vertu pour le parlêtre : la possibilité de tenir la corde de l’impossible nommé réel.

L’historien est celui qui a vu. Le point de vue construit la réalité (Hérodote versus Glaucon). L’écriture, ici le pluriel (histoires), ouvre au tissage. Autrement dit, des vues d’un point. J’en choisis un : en 1826 Nicéphore Niépce délègue à l’œil photographique qu’il invente de fixer ce qui apparaît dans le cadre de la fenêtre de son atelier de Saint-Loup- de-Varennes. De l’intérieur, vue sur l’extérieur. Retournons le dispositif ; l’œil fait de mains d’homme placé à l’extérieur ne dévoile pourtant pas le dedans, il en faudra un troisième... Trois vues, jetées comme de petits cailloux pour repérer le chemin parcouru dans l’inconnu. L’image et le mot font la réalité, l’écriture qui ouvre à l’équivoque fait apercevoir que ça ne colle pas.

Une image qui en contient une autre, qui selon la place de l’œil produit l’illusion ou dévoile le dispositif, c’est le principe de la Tabula scalata – inacceptable pour l’idéologue mono-idéique (voir plus haut) figé dans le bien voir qui se décline rapidement en bien faire et bien dire. La police polit ; elle masque les interstices du réel. Ici, l’invite est de faire sans une lecture imposée, c’est-à-dire sans maître, ça ne signifie pas sans devoir : celui de maintenir l’entrebâillement du rapport impossible de l’un à l’autre (réalité et mot). Ça a un prix.