Exposition personnelle
Par gestes qui s'effacent les uns les autres
L.A.C 

1 rue de la Berre – Hameau du Lac 11130 Sigean 

Le titre de l’exposition provient de « Faune et Flore », Le parti pris des choses que Francis Ponge publia en 1942. Dans ce texte, l’auteur offre une réflexion sur le monde naturel et nous invite à contempler les relations entre les « choses » du vivant. À la fois métaphorique et descriptif, ce poème recueille l’essence même de la nature. La flore se déplie à l’oeil écrit-il. Une suite d’actes remplit l’espace, remplace le précédent. Les gestes doivent être sûrs, impossibles repentirs. Chacun des gestes des végétaux et autres organismes ne laissent pas seulement une trace, il lègue une présence, une naissance indissociable de ces mouvements. 
Sylvie Lagnier, commissaire de l'exposition

Livre de chair

Par Cyrille Noirjean, 2016
Par Cyrille Noirjean, préface de l'exposition "Histoire(s) de faire confiance aux images", URDLA, Villeurbanne

biographie de l'auteur.e

Cyrille Noirjean est directeur de L'URDLA, commissaire d'expositions, auteur et psychanalyste.

Livre de chair

L’image est trompeuse. Platon le profère ; nous psittassons depuis. C’est la méfiance qui conviendrait à son égard : là où platoniciens et iconoclastes modernes se rejoignent. Ils dénient que la confiance peut n’être pas aveugle si elle ne méconnaît pas l’erre.
La caverne se mue en bouteille de Klein (intérieur et extérieur sont en continuité). L’expérience enseigne que la réalité se conjoint à l’imaginaire ; ça a une vertu pour le parlêtre : la possibilité de tenir la corde de l’impossible nommé réel.

L’historien est celui qui a vu. Le point de vue construit la réalité (Hérodote versus Glaucon). L’écriture, ici le pluriel (histoires), ouvre au tissage. Autrement dit, des vues d’un point. J’en choisis un : en 1826 Nicéphore Niépce délègue à l’œil photographique qu’il invente de fixer ce qui apparaît dans le cadre de la fenêtre de son atelier de Saint-Loup- de-Varennes. De l’intérieur, vue sur l’extérieur. Retournons le dispositif ; l’œil fait de mains d’homme placé à l’extérieur ne dévoile pourtant pas le dedans, il en faudra un troisième... Trois vues, jetées comme de petits cailloux pour repérer le chemin parcouru dans l’inconnu. L’image et le mot font la réalité, l’écriture qui ouvre à l’équivoque fait apercevoir que ça ne colle pas.

Une image qui en contient une autre, qui selon la place de l’œil produit l’illusion ou dévoile le dispositif, c’est le principe de la Tabula scalata – inacceptable pour l’idéologue mono-idéique (voir plus haut) figé dans le bien voir qui se décline rapidement en bien faire et bien dire. La police polit ; elle masque les interstices du réel. Ici, l’invite est de faire sans une lecture imposée, c’est-à-dire sans maître, ça ne signifie pas sans devoir : celui de maintenir l’entrebâillement du rapport impossible de l’un à l’autre (réalité et mot). Ça a un prix.