Revue Édition
Monstruosa N° 38
Participation à la revue d'art contemporain Monstruosa, Metz, mai 2022.
Monstruosa est un espace de réflexions, de discussions et de diffusion dédié aux pratiques du dessin contemporain.
Publication dans le numéro 38 de la revue Monstruosa, Metz, mai 2022, d'un montage issu de la série inédite Afriques fantômes, 2019.
Collection
Achat Collection Centre d'art Madeleine Lambert Vénissieux
Achat de quatre peintures par la commission d'acquisition du Centre d'art Madeleine Lambert de Vénissieux, direction Xavier Jullien
Paysages aveuglés / Plans séquences
Encres sur papier aquarelle 300 gr
50 x 65 cm, chaque feuille
Septembre 2022
 
Textes et peintures et dessins / Revue de littérature
Fragments / Sebastien Ecorce & Frédéric Khodja / 2022
Pages personnelles de François Bon en 1997, puis revue littéraire en 2000, le site remue.net est devenu un collectif en 2001, réuni en Association.
Ceux qui l’animent ont en commun l’idée de la littérature comme acte et capacité de dire et d’inventer, récit du réel de ce monde dans lequel nous vivons et que nous avons en partage, espace de création littéraire en relation avec les autres arts et les formes de création que permet Internet.
 

Sébastien Ecorce
Prof de neurobiologie, co-responsable de la plateforme Neurocytolab, (Salpêtrière, icm) bricoleurs de mots, créateur graphique.

 

"du 13/12/2022"au"18/09/2023"
Fragments
Éléments et notes sur la série Paysage aveuglés, fictions de paysage (2022) 
de Fédéric Khodja par Sébastien Ecorce

Livre de chair

Par Cyrille Noirjean, 2016
Par Cyrille Noirjeanpréface de l'exposition "Histoire(s) de faire confiance aux images", URDLA, Villeurbanne

biographie de l'auteur.e

Cyrille Noirjean est directeur de L'URDLA, commissaire d'expositions, auteur et psychanalyste.

Livre de chair

L’image est trompeuse. Platon le profère ; nous psittassons depuis. C’est la méfiance qui conviendrait à son égard : là où platoniciens et iconoclastes modernes se rejoignent. Ils dénient que la confiance peut n’être pas aveugle si elle ne méconnaît pas l’erre.
La caverne se mue en bouteille de Klein (intérieur et extérieur sont en continuité). L’expérience enseigne que la réalité se conjoint à l’imaginaire ; ça a une vertu pour le parlêtre : la possibilité de tenir la corde de l’impossible nommé réel.

L’historien est celui qui a vu. Le point de vue construit la réalité (Hérodote versus Glaucon). L’écriture, ici le pluriel (histoires), ouvre au tissage. Autrement dit, des vues d’un point. J’en choisis un : en 1826 Nicéphore Niépce délègue à l’œil photographique qu’il invente de fixer ce qui apparaît dans le cadre de la fenêtre de son atelier de Saint-Loup- de-Varennes. De l’intérieur, vue sur l’extérieur. Retournons le dispositif ; l’œil fait de mains d’homme placé à l’extérieur ne dévoile pourtant pas le dedans, il en faudra un troisième... Trois vues, jetées comme de petits cailloux pour repérer le chemin parcouru dans l’inconnu. L’image et le mot font la réalité, l’écriture qui ouvre à l’équivoque fait apercevoir que ça ne colle pas.

Une image qui en contient une autre, qui selon la place de l’œil produit l’illusion ou dévoile le dispositif, c’est le principe de la Tabula scalata – inacceptable pour l’idéologue mono-idéique (voir plus haut) figé dans le bien voir qui se décline rapidement en bien faire et bien dire. La police polit ; elle masque les interstices du réel. Ici, l’invite est de faire sans une lecture imposée, c’est-à-dire sans maître, ça ne signifie pas sans devoir : celui de maintenir l’entrebâillement du rapport impossible de l’un à l’autre (réalité et mot). Ça a un prix.