Édition
Past Time Paradise / Jacques Sicard & Frédéric Khodja / éditions Les murmurations* Paris / Mars 2025
Textes de Jacques Sicard, encres de Frédéric Khodja
Editions Les Murmurations, Paris
Direction éditoriale et artistique Camille Boisaubert

Septembre 2021
D'un point de vue général, je voulais rappeler ici mon intérêt pour les textes de Jacques Sicard, lus ici et là, et notamment sa chronique tenue avec fermeté sensible, un temps, sur Facebook. Lui écrire par la messagerie Messenger pour "voir si" il accepterait d'écrire sur mon travail ; une réponse aimable qui m'indiquait son intérêt mais ne voyant quoi écrire. La période étrange du confinement avait développé des modalités relationnelles inédites : je décidais d'entreprendre un ensemble de figures d'encres  qui somme toute sont des autoportraits traités comme des personnages fétiches égarés et raccordés par les titres. Lors de la publication de la première encre sur Facebook, devenu dans cet espace temps particulier, un véritable comptoir avec ses habitués, JS lança un texte en face de la première image. "C'est ainsi que cela s'est passé et que ça a commencé", dirait l'autre
 le titre de notre livre vient de ce magnifique titre de chanson de Stevie Wonder, titre proustien et morceau éminemment d'actualité, il me semble.
FK 2025
Exposition collective
Le goût du bleu
Le Cloître Art Contemporain, Lyon
8 novembre / 29 novembre 2025

Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja

Au canal, texte de Marie-Laure Hurault — Archives géométriques, montages de Frédéric Khodja, Publie.net édition, 2019
Lu par Eric Pessan
"Il y a un double propos dans ce livre (triple, en fait) : à mesure que la narratrice enquête pour savoir quel drame a bien pu se dérouler le long du canal, le roman cherche sa forme et tourne autour du polar sans jamais totalement s'y laisser enfermer. Le troisième propos est tissé par les montages de Frédéric Khodja qui ajoutent une épaisseur de mystère et réécrivant eux aussi des images d'archives. Ma lecture a peut-être été conditionnée par les liens que je connais avec Marie-Laure Hurault et l’œuvre romanesque de Maurice Blanchot, mais j'ai retrouvé dans ce livre cette densité du hors-champs, les ombres portées, et le jeu - en définitive - avec les conventions romanesques, que l'on connait dans les romans (trop souvent sous-estimés) de Blanchot."

Lu par Arnaud Maïsetti
"Au canal est un texte de vertige, de folie qui tient du rêve et du délire. Un texte qui joue du basculement, du déséquilibre et emporte avec lui ce qui fait le monde coutumier pour le désétablir ou le restituer à son vertige le plus profond, sa précarité la plus inquiète. Car toujours quelque chose appelle dans les angles morts, dans l’indéfini des marges. Tout le long, d’un tableau à l’autre, le canal s’impose comme le personnage central, inhumain ou informe s’insinuant dans les êtres. Territoire familier et angoissant, redouté et insistant comme ces puits que l’on porte au-dedans, ces appels du chaos, il n’est pas sans évoquer la Zone de Stalker, filmée par Tarkovski dans son vertige géographique, dans la tension dramatique qui en dessine l’espace. Il devient une obsession, le lieu de ce qui réclame et qui n’est jamais dit.

Les images de Frédéric Khodja n’illustrent pas le texte de Marie-Laure Hurault en se donnant à lire. Elles ne racontent pas. Elles n’anticipent pas une description que l’on va lire et elles ne sont pas la confirmation imagée à posteriori des situations que le texte nous invite à nous figurer. Enigmatiques pour celui qui en attendait autre chose, elles s’invitent davantage comme sensations, comme éléments de trouble, rejouant sous leur mode propre le déséquilibre par lequel la fiction se met en marche, comme autant de trouées, autant de figures. Images narratives et images visuelles, dans une proximité d’esprit dévoilent leur abîme, leur vertige, les capacités qui sont les leurs de se tordre, s’inverser, se creuser pour concourir à l’expression d’une vérité convulsive."
texte de présentation

Au canal est un livre double. D'abord, car il est né d'une collaboration : Marie-Laure Hurault pour le texte, et Frédéric Khodja pour les collages photographiques. Ensuite, car le livre vit dès à présent sa seconde vie, après une première parution uniquement numérique il y a plusieurs années dans la collection de Jérémy Liron et Arnaud Maïsetti. Pour cette occasion, il voit se déployer un texte revu et corrigé, et une atmosphère graphique réinventée pour s'adapter à l'objet papier. Enfin, car le livre vous emmènera dans des zones troubles de notre monde présent, entre les genres connus, à la frontière avec d'autres univers artistiques (la photographie comme on l'a vu, mais aussi le cinéma auquel semble sans cesse se référer le récit).

Dans ce livre très visuel, qui se tisse autant dans la recherche permanente de clair-obscur que dans la nécessité d'occuper l'espace au sens large, on se sent en sursis. Quelque chose va se produire, là où les ombres prennent racine, de l'autre côté du miroir. 
168 pages

ISBN papier 978-2-37177-580-0
ISBN numérique 978-2-37177-225-

Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja
Couverture de l'édition papier
Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja, 2019
Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja
Couverture de l'édition numérique
Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja, 2014
Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja
Pages intérieures,  Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja, Publie.net, 2019.
Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja
Pages intérieures,  Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja, Publie.net, 2019.
Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja
Pages intérieures,  Au canal, Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja, Publie.net, 2019.